Cette conscience suscitera en nous un effort résolu pour arriver à une autocritique honnête, ainsi qu’un vif désir d’apprendre et d’être purifiés et transformés par l’écoute de ce que Dieu veut nous dire à travers nos partenaires de dialogue, qu’ils adhèrent ou non à une foi religieuse. Pensons-nous que notre dialogue est suffisamment soutenu par ces convictions et par les attitudes que celles-ci nous ont dictées?
L'archevêque de Canterbury a souligné que chrétiens et musulmans diffèrent substantiellement par la perception de ce que sont les Ecritures Sacrées et par la place de chacune de ces Ecritures dans la théologie correspondante. Je partage tout à fait son avis quand il dit que, malgré ces différences, "l’étude en commun de nos Ecritures respectives peut continuer à offrir des éléments fructueux à notre engagement mutuel dans le processus de construction d’une maison ensemble".
Ce n’est qu’assez récemment que les Eglises chrétiennes et quelques individus et groupes (au moins d’une certaine taille) musulmans ont modifié leur enseignement sur les droits de l’homme, en principe. Ils ont changé et sont devenus des partisans et des défenseurs des droits de l’homme. C’est Dieu lui-même, argumentent-ils, qui a pour ainsi dire inscrit ces droits dans la nature de l'homme.
La question d’une relation correcte entre la religion et l’Etat joue un rôle important dans le dialogue christiano-musulman. Le vif intérêt de la plupart des chrétiens et de nombreux musulmans pour la séparation de la religion et de l’Etat ne paraît pas dû avant tout à des raisons philosophiques ou idéologiques. Les faits historiques qui y ont abouti sont beaucoup plus importants et absolument nécessaires pour la comprendre: en Occident ce sont surtout les guerres de religion après la Réforme protestante et, plus tard, les dictatures fascistes et communistes du XXe siècle. Des limites sont ainsi imposées à la fois à la religion et à l’Etat, qui les acceptent à leur tour.
Aucune religion ne peut dire que la violence n’a pas été ou n’est pas utilisée actuellement en son nom. Le fardeau dont elles ont ainsi hérité ne peut pas disparaître spontanément. Pour remédier au passé et à son souvenir, il faut plus qu’un accord sur les faits, même si cela seul peut être très difficile. Toutes les religions doivent accepter de faire la lumière sur leur relation passée et actuelle avec la violence, pour le bien de l’avenir. Cela va bien au delà du problème de la Guerre Sainte.
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